(ICAAL vous offre chaque mois un rapide coup d’œil dans le rétroviseur agroalimentaire : des épisodes choisis de manière aléatoire dans les vingt dernières années comme autant de traces à suivre, ou à ne pas suivre.)
________________________


(traces) juin 2014

… c’était il y a huit ans (juin 2006) !

Doux cherche à convaincre. Le directeur général délégué d'alors, Guy Odri, ne ménage pas sa peine pour démontrer que le groupe Doux est désormais "armé pour se battre". Ses restructurations seraient derrière lui, son organisation, repensée, et sa stratégie marketing, clarifiée. En réalité, il ne parviendra pas à résoudre le problème de la dette qui a fait plonger le groupe quelques années après. A l'époque, on misait déjà sur la relance de Père Dodu dans les produits élaborés. A l'époque, on pariait aussi sur le développement du marché mondial de la volaille. Depuis, après s'être considérablement délesté, le groupe Doux cherche de nouveau à convaincre, sous la voix d’Arnaud Marion désormais.

Les Français ont besoin d'être rassurés. Plus de 90% des consommateurs affichent leur inquiétude sur la qualité, la traçabilité et l'environnement dans une enquête réalisée par Ipsos pour Agri Confiance. Et près de six Français sur dix se disent soucieux des effets possibles des aliments sur la santé. Enfin, 54% des 1016 personnes interrogées pensent manquer d'information sur les méthodes de culture, d'élevage et de transformation des aliments. Il est probable que le même sondage donnerait les mêmes résultats aujourd'hui. Justement, à l’heure où ces lignes sont bouclées, Agri Confiance ressort une enquête Ipsos…

Du pâté Weight Watchers. La marque Weight Watchers signe une gamme de onze références de charcuterie : jambon supérieur, blanc de poulet, mousse de canard, pâté de campagne, dés de jambon, dés de poulet, lardons fumés ou nature et saucisses, le tout fabriqué chez Jean Caby (que Monique Piffaut vient d’acquérir) avec des taux de sel et de matières grasses réduits. Le lancement suscite alors l'interrogation, tant cette alliance semble incongrue. Si la licence se développe dans certains linéaires, elle ne s'est pas imposée en charcuterie, d'autant que les grandes signatures du rayon ont quasiment toutes développé des références à promesse nutritionnelle.

Et aussi…
- La Cooperl investit dans les produits élaborés à base de porc (elle tente à nouveau de sauver cette activité).

- Bref retour des rumeurs autour de Danone (elles reviennent dernièrement !).

- Bonduelle entre au capital d'Aliments Carrière, leader canadien des légumes en conserve et surgelés.

- Spanghero va investir 10 millions d'euros à Castelnaudary…

Bon été !
________________________

(traces) avril 2014

… c’était il y a cinq ans (avril 2009) !

(ICAAL vous offre chaque mois un rapide coup d’œil dans le rétroviseur agroalimentaire : des épisodes choisis de manière aléatoire dans les vingt dernières années comme autant de traces à suivre, ou à ne pas suivre.)

2008 = 2013 ? Il y a cinq ans, le bilan que traçait l'Ania de la santé des IAA pour l'année 2008 ressemblait déjà fort à celui qu'elle vient de dresser pour l'année 2013. Certes, le chiffre d'affaires avait augmenté de 5,5%, mais surtout en raison des cours de matières premières, alors en pleine "volatilité". En volume, l'activité avait diminué de 0,3%. Et les effectifs du secteur industriel étaient déjà à la baisse. Pire encore, l'excédent commercial agroalimentaire avait chuté de 17% par rapport à l'année précédente… même s'il s'est redressé les années suivantes. On insiste déjà sur l'insuffisance des moyens alloués aux exportations, sans parler des négociations avec la distribution qui rechigne à répercuter les hausses des matières premières.

Entreprises. LDC entre en négociations exclusives pour reprendre le groupe Arrivé. Concrétisée peu après, l'opération conforte largement le leadership du groupe dans le domaine de la volaille. Suivra l'acquisition de Marie, dont l'intégration s'avèrera plus difficile.
- LVMH est contraint de démentir une rumeur selon laquelle il chercherait à vendre Moët-Hennessy. Il faut dire qu'à l'époque, le groupe de Bernard Arnault semble s'intéresser beaucoup plus au luxe qu'aux vins et spiritueux. Depuis, il est redevenu plus volontaire sur ce marché.
- Lur Berri prend le contrôle de Spanghero. On sait ce qu'il en est advenu par la suite…   
- Coca-Cola entre au capital du pionnier britannique des smoothies, Innocent, dont il prendra la majorité l'année suivante.

Equitable. On parle encore à cette époque du commerce équitable, détrôné depuis par la RSE et la lutte contre le gaspillage. Selon Iri, le chiffre d'affaires des produits alimentaires s'en réclamant progresse alors de 8%... mais il n'atteint que près de 112 millions d'euros. Les distributeurs poussent ce marché dont les MDD représentent déjà 31,7% des volumes. Si le principe s'est bien installé dans certaines catégories (café, chocolat…), il a été stoppé dans son élan par la crise.

Prix bas. Système U souhaite prendre un "nouvel engagement pour le pouvoir d’achat" avec 340 produits du quotidien à prix bas, non seulement sur ses MDD et sa gamme économique, mais aussi sur 120 produits de grandes marques. Depuis, son patron Serge Papin a changé de discours, prônant la fin de la guerre des prix dans laquelle se relancent Géant, Carrefour ou Auchan pour tenter de regagner les parts de marché perdues sur les indépendants.

TVA restauration. Le gouvernement annonce une baisse de la TVA sur la restauration à 5,5%, tenant une promesse imprudemment formulée par le précédent président de la République et coûtant quelque trois milliards d'euros. En contrepartie, le secteur s'engage à créer des emplois et à baisser ses prix. On sait que depuis, ce taux a été relevé.
________________________

(traces) mars 2014

… c’était il y a deux ans (mars 2012) !

(ICAAL vous offre chaque mois un rapide coup d’œil dans le rétroviseur agroalimentaire : des épisodes choisis de manière aléatoire dans les vingt dernières années comme autant de traces à suivre, ou à ne pas suivre.)

Le réveil de l'Autorité de la Concurrence. Discrète dans l'agroalimentaire précédemment, l'Autorité de la Concurrence fait feu de tout bois ! Elle lance une enquête auprès des fabricants de produits laitiers ultra-frais sous MDD, alertée par un intervenant désireux de profiter de la procédure de clémence accordée aux "repentis". Elle ouvre également une phase d'examen sur le rachat de plusieurs sociétés du groupe Patriarche par le groupe Castel. Si l'opération n'appellera pas de critique de la part de l'Autorité, celle-ci a par la suite reproché au repreneur de ne pas lui-même l'avoir saisie… Peu de temps avant, elle venait d'infliger une amende à des meuniers, à des producteurs d'endives ainsi qu'aux principales marques de petfoods. Et ce n'est pas terminé : fin 2013, l'Autorité a ouvert une enquête dans le secteur des volailles.

Danone Eaux livre à domicile. Après un test dans le quinzième arrondissement, Danone Eaux France étend à tout Paris ainsi qu'à quelques communes limitrophes (Neuilly-sur-Seine, Levallois-Perret, Boulogne-Billancourt, Issy-les-Moulineaux) son service de livraison gratuite (à partir de quinze euros de commandes). Grâce à un prestataire externe, ses eaux peuvent même être simplement déposées sur le paillasson des clients : une pratique qui avait séduit la moitié des habitants du quinzième qui ont déjà passé commande sur evianchezvous.com.

Marques. Orangina Schweppes lance Oasis en CHR, avec l'objectif d'en faire une marque transgénérationnelle, et non plus seulement cantonnée aux enfants.
- Filiale de Glon, Altho lance la construction d'une seconde usine en Ardèche : ses chips
Bret's sont parvenues à trouver une place face aux leaders du marché en moins de dix ans.
- Scindée en deux entités, Kraft Foods choisit de baptiser
Mondelez International son entreprise de snacking à vocation mondiale, sa branche épicerie d'Amérique du Nord conservant le nom d'origine.
-
Herta stoppe sa production de produits halal, limitée aux pâtes ménagères depuis la découverte de traces de porc dans ses saucisses knacks.

Fin du contentieux sur le bœuf aux hormones. Le Parlement européen accepte le compromis proposé par la Commission pour relancer les échanges agroalimentaires avec l'Amérique du Nord : les Etats-Unis et le Canada pourront exporter dans l'Union européenne des viandes "de haute qualité" dont le quota est plus que doublé, acceptant en retour de suspendre les taxes à l'importation des produits européens figurant sur leur fameuse "liste noire". Ces droits avaient été autorisés par l'OMC en 1999, tandis que l'Union européenne avait décidé d'interdire les importations de bœuf aux hormones en 1988.
________________________

(traces) février 2014

… c’était il y a six ans (février 2008) !

(ICAAL vous offre chaque mois un rapide coup d’œil dans le rétroviseur agroalimentaire : des épisodes choisis de manière aléatoire dans les vingt dernières années comme autant de traces à suivre, ou à ne pas suivre.)

Marronnier. 60 millions de consommateurs s'en prend aux prix "qui flambent", dénonçant plus ou moins implicitement les marges excessives que s'octroieraient les industriels et les distributeurs. Malgré les dénégations de ces derniers qui recevront un soutien prudent de la DGCCRF et de l'Insee, l'idée s'installe encore plus tenacement dans les esprits.
D'autant que les Centres Leclerc décident alors de retirer six produits de leurs rayons, invoquant leur hausse injustifiée…
L'Observatoire des prix et des marges sera créé dans l'année.

Coïncidence. Pomona décide de fermer son usine Les Crudettes de Perpignan. Ce même mois, la Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel reprend à Eckes Granini l'usine de jus de fruits de Sarre-Union, dans le Bas-Rhin.
Hasard du calendrier, LSDH a justement racheté l'an dernier Les Crudettes auprès du groupe Pomona, sortant pour la première fois de son domaine du conditionnement des liquides alimentaires.

Seconde tentative. Hero France (devenue Charles & Alice) lance Confi'pure, la première confiture du rayon frais. Après l'échec des Fruissonnades quelques années auparavant (qui n'était pas vraiment une confiture), cette nouvelle initiative ne connaîtra pas plus de réussite.

Gastronomie. En inaugurant le salon de l'agriculture, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, annonce la candidature de la France auprès de l'Unesco pour que soit inscrite sa gastronomie au patrimoine mondial immatériel : le "repas gastronomique des Français" le sera fin 2010.

Qualité. Mise en place de l'Observatoire de la qualité de l'alimentation (Oqali) pour évaluer la qualité de l'offre alimentaire sur les plans nutritionnel et socio-économique. Observatoire dont les avis n'ont pas encore, pour l'instant, véritablement marqué les esprits.
________________________

(traces) janvier 2014

… c’était il y a dix ans (janvier 2004) !

(ICAAL vous offre chaque mois un rapide coup d’œil dans le rétroviseur agroalimentaire : des épisodes choisis de manière aléatoire dans les vingt dernières années comme autant de traces à suivre, ou à ne pas suivre.)

Un mois de coups de pub. Coca-Cola France ne lésine pas sur les moyens pour lancer son eau Dasani dans l'Hexagone : un beau spot de 55 secondes, agrémenté d'une bande-son tirée de l’inoubliable musique composée par Georges Delerue pour le film de Jean-Luc Godard "Le Mépris" ! Sa diffusion ne dépassera pas les frontières d'une présentation à la presse, le groupe américain stoppant brutalement ce développement après la naissance d'une polémique au Royaume-Uni.
Le même Coca-Cola lance aussi un casting auprès de jeunes pour trouver le prochain héros de son film publicitaire. L’opération ″
Deviens la star du prochain film pub Coca-Cola au cinéma″ constitue les prémices de ce qu'on appelle aujourd'hui le casting participatif.
Après "Loft Story" lancée en 2001, la téléréalité commence aussi à s'imposer. Findus choisit alors d'utiliser une méthode originale pour tester ses produits en "loftant" des consommateurs au moyen de caméras. Une étude consommateurs ni reproduite, ni imitée… mais au moins un bon coup de pub !

La difficile extension du territoire de la marque. Régulièrement, le "brand stretching" saisit les équipes marketing, tentation fort légitime mais hélas rarement couronnée de succès. Comme le montrent des initiatives de ce mois-ci, en 2004 :
- Nestlé lance des pizzas surgelées allégées en format individuel sous la marque Sveltesse…
- Unilever développe sa marque anti-cholestérol Pro-Activ, initiée dans les margarines, avec des yaourts fabriqués par Senoble… avant que Danone ne lance Danacol.
- Heinz décline sa marque Petit Navire (cédée depuis) en surgelés avec des plats cuisinés à base de poisson…

L'arrivée de Starbucks en France. L'enseigne américaine Starbucks Coffee ouvre son premier point de vente français à Paris puis un second à La Défense. Elle vient, dix ans après, d'annoncer son intention de se développer sous franchise. Bien que le groupe ait lui-même admis devoir mieux adapter son concept au consommateur français, il compte déjà 94 "salons de café" dans l'Hexagone (sur plus de 15 000 dans le monde).

Et aussi…
- Le belge Spadel reprend Les Grandes Sources de Wattwiller ; l'eau alsacienne de Nestlé, Carola, a suivi depuis…
- Danone passe de 40% à 80% dans le capital de Stonyfield Farm, leader des yaourts biologiques aux Etats-Unis, marquant un premier pas vers la bio qu'il poursuivra avec Les 2 vaches en France.
- L'italien Parmalat est placé en cessation de paiement sur fond de scandale financier. Il sera finalement repris par le français Lactalis.
- Une étude publiée par "Science" met en cause l'élevage de saumon. La crainte des dioxines fait chuter le marché du saumon fumé de 4,5% en France jusqu'aux fêtes suivantes.
- Avec le Cemagref, l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) a placé près de 500 capteurs dans des produits alimentaires pour inspecter la chaîne du froid. Résultat, celle-ci est plutôt bien respectée… sauf dans le réfrigérateur des consommateurs.

________________________

(traces) - décembre 2013

… c’était il y a un an (décembre 2012) !

Les coop se mettent à la com'. Il y a un an, Philippe Mangin, président de Coop de France l'annonçait : "nous allons prendre notre image en main". Il invitait les coopératives à se porter volontaires pour soutenir un projet de communication inspiré par la stratégie des métiers de l'artisanat. Alors, il espérait pouvoir dégager un budget de onze millions d'euros. Un an plus tard, il peut annoncer un plan financé par quelque 600 coopératives désireuses de "se faire connaître et reconnaître du grand public". Le tout avec un budget de 4,5 millions d'euros par an sur trois ans. Pari tenu donc, avec une présence en télévision dès le début de l'année prochaine.

Danone lance un plan d'économies. Il y a un an, Danone se décide à redresser ses activités européennes qui commencent à montrer des signes de faiblesse. Franck Riboud annonce "un plan d'économies et d'adaptation de ses organisations pour regagner de la compétitivité en Europe". On ne sait pas encore les performances financières qui vont en découler. Mais la situation reste difficile pour le groupe français dont les ventes en valeur auraient baissé de 4,6%, dans l'Hexagone, au cours du premier semestre selon Nielsen.

Des PME dorlotées ? Comme souvent, Michel-Edouard Leclerc tire le premier, annonçant il y a un an "un dispositif de soutien aux PME pour 2013". Depuis, tous les distributeurs ont peu ou prou témoigné de leur sollicitude à l'égard des PME. Pour l'heure, il n'est pas certain que les discours aient été suivis dans les actes. Serge Papin, patron de Système U, a reconnu qu'il ne serait pas facile de changer les (mauvaises) habitudes en interne. Un livre noir où l'Ania a réuni les pratiques les plus discutables semble lui donner raison…

Et aussi…
L'interdiction du Bisphénol A pour les contenants alimentaires est adoptée, pour le baby food dès 2013 et les autres produits à partir de 2015.
L'Union Européenne confirme la nécessité de maintenir des règles spécifiques pour les aliments destinés aux populations ayant des besoins particuliers, préparant l'élaboration d'un nouveau règlement.
Auchan se lance dans le "commerce collaboratif“ avec Quirky.
Nouvelle marque propre chez Casino inspirée du locavorisme : Le meilleur d'ici.
Nestlé Dessert entre dans l'univers des aides à la pâtisserie.

________________________

(traces) - novembre 2013

… c’était il y a treize ans (novembre 2000) !

Un seul souvenir ce mois-ci, mais non des moindres : la seconde crise de la vache folle.

Si, en réalité, elle fut déclenchée au mois d'octobre, en plein Sial 2000, son onde de choc s'est largement épanouie le mois suivant, et bien sûr dans les années qui ont succédé. Comme si la première crise, qui avait éclaté en mars 1996, n'avait pas suffit et qu'il lui eût fallu une piqure de rappel.

Bien que son origine semble d'importance après coup minime – la découverte de viande contaminée chez Carrefour -, cette crise aura connu un impact plus fort, non seulement dans la consommation, mais également dans les mesures qu'elle aura suscitées : programme de dépistage, interdiction des matériaux à risques, arrêt des farines animales, création de l'Agence européenne de sécurité alimentaire…

Ebauchée quatre ans plus tôt, l'obsession de la sécurité deviendra l'un des maîtres-mots de la décennie. Elle est restée dans les esprits au point qu'une affaire de fraude – le
horsegate – a été finalement vécue exactement comme une crise sanitaire. Elle a aussi considérablement influencé la gestion d'un dossier comme celui des OGM, le principe de précaution inscrit dans la Constitution servant désormais d'absolution permanente à la paralysie politique.

Mais la vache folle n'a pas eu que des inconvénients. C'est elle aussi qui a sans doute encouragé la vague nutritionnelle, et plus généralement commencé à redonner une certaine valeur à l'acte alimentaire. Commencer seulement, car la crise est depuis passée par là…
________________________

(traces) - octobre 2013

… c’était il y a onze ans (octobre 2002) !

Les régions montent au créneau. L'ABEA - Association Bretonne des Entreprises Agroalimentaires – tient sa première assemblée générale sous la présidence de Michel Houdebine. On ne s'inquiétait alors pas, ou peu, du déclin de l'agroalimentaire breton mais les industriels de la région souhaitaient formaliser davantage leurs liens et peser de façon plus institutionnelle sur la Capitale. Ce même mois, les IAA normandes, via l'Irqua Normandie (Institut régional de la qualité agroalimentaire), lancent la marque "Produit en Gourmandie", sur le modèle de… "Produit en Bretagne" finalisé depuis 1995.

Course-poursuite dans le HOD. A l'époque, les géants de l'eau embouteillée – Nestlé et Danone – ne jurent que par le "Home and Office Delivery". Le marché de l'eau en bonbonne affiche une progression de 25% annuelle. Ils rivalisent dont d'acquisitions sur tous les continents ou presque, ainsi qu'en France avec Saphir (Opalia) pour Nestlé ou Chateaud'eau International pour Danone. Depuis, les deux groupes sont devenus beaucoup plus discrets sur ce créneau qui n'a peut-être pas tenu toutes ses promesses.

De l'épicerie au surgelé… Tandis que Nestlé a étendu Maggi à ses plats cuisinés surgelés après la vente de Findus, Unilever choisit Knorr pour faire de même. Iglo, cédée plus tard, est recentrée sur les seuls poissons, La Tartelière et Claire ont été arrêtées. Mais cette extension de marques d'épicerie au rayon grand froid n'a pas été une franche réussite.

Le hard discount est le grand gagnant… de l’année 2002 !  Alors, sa part de marché atteint 10,9% de l’univers des GMS selon Référenseigne de TNS Secodip. Le réseau gagne cette année-là 1,5 point en un an, et ce après une période de stabilisation, tandis qu'hypermarchés et supermarchés régressent.


Marque. Bel reprend la marque Leerdammer au groupe néerlandais Wessanen et investit ainsi le segment des pâtes pressées. Elle est depuis devenue un élément important de son portefeuille fondé sur des signatures internationales fortes (La Vache qui rit, Apéricube, Mini Babybel, Kiri…).

Cas d'école. Nestlé vend son usine Buitoni de Camaret-sur-Aigues à Raynal et Roquelaure. La PME aveyronnaise réussira brillamment le transfert progressif de la marque de raviolis en conserve vers Zapetti.

Le made in France, déjà… LDC décide d'étiqueter l'origine française de ses volailles Le Gaulois. Ses 180 références, à l'époque, arborent un logo certifiant leur naissance et leur élevage dans l'Hexagone.
________________________

(traces) - juin 2013

… c’était il y a neuf ans (juin 2004) !

Jean-René Buisson à l'orée de trois mandats. L'ancien secrétaire général du groupe Danone, alors âgé de 56 ans, succède à Victor Scherrer à la présidence de l'Ania. A l'époque, les PME manifestaient déjà une certaine impatience à l'égard des grands groupes jugés trop puissants au sein de l'Association Nationale des Industries Alimentaires. Au point qu'un binôme avait, un temps, été évoqué pour se partager la présidence. C'est aussi pourquoi Jean-René Buisson s'entoura de neuf vice-présidents. Neuf ans plus tard, Jean-René Girard, patron d'Eurogerm, vient de lui succéder, préféré à l'ancien patron d'un grand groupe.

Les IAA en demi-teinte. Ce mois-ci (juin 2004 donc), l'Ania publie son bilan de l'année 2003. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 1,6%, un solde des échanges extérieurs progressant de 8% et production industrielle évoluant de 0,2% seulement, les industries agroalimentaires sont dans une situation en partie comparable à celle qu'elles connaissent aujourd'hui. La consommation est morose, les relations industries-commerce tendues et les exportations insuffisamment dynamiques, en dépit de statistiques trompeuses. Bizarrement, onze plus tôt, Victor Scherrer avait également trouvé un contexte incertain, mais il avait pu profiter d'une embellie conjoncturelle que n'aura pas connue son successeur.

Accords Sarkozy. Le 17 juin 2004, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie et des Finances, impose aux industriels de signer un engagement pour "une baisse durable des prix". Objectif : diminuer de 2% en moyenne le prix des produits de marques d'ici au mois de septembre. Jouant la carte de l'opinion publique, le futur président de la République passe en force cette mesure qui intervient à une période où les marchés alimentaires semblent précisément entrer en déflation. Les distributeurs se frottent les mains !

Agrial devient numéro un du cidre. Le groupe coopératif normand s'empare de l'intégralité du capital de CCLF (Cidreries du Calvados la Fermière). Il détient alors 70% du marché français du cidre avec des marques comme Loïc Raison, Ecusson ou La Cidraie. C'est le début de l'impressionnant développement d'Agrial (1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires alors, 3,6 aujourd'hui), symbole du réveil des coopératives dans l'agroalimentaire. Alors qu'il s'est bien développé dans les légumes quatrième gamme avec Florette, Agrial s'investit désormais dans le lait, d'abord avec Senagral constitué avec Senoble, et bientôt Eurial avec lequel il prépare une fusion.

La fin d'une marque transversale. Victor Scherrer, encore lui, avait tenté le rêve, toujours pas réalisé, d'une marque alimentaire transversale. L'idée : démocratiser le bio avec "Le goût de la vie", signant des produits de tous les univers pour les implanter dans leur rayon d'origine, et non dans le "ghetto" des produits bio. Las, il jette alors l'éponge, cédant la marque à l'allemand Pfeiffer und Langer. Pour le bio, il avait sans doute eu raison trop tôt. Pour la marque transversale, c'est une autre affaire…
________________________

(traces) - mai 2013

… c’était il y a sept ans (mai 2006) !

Danone entre dans le bio. Danone crée avec Stonyfield Farm, sa filiale américaine de yaourt "organic" depuis 2001, une société commune pour développer une marque de yaourt bio en Europe. Les relations du groupe français avec le monde bio avait été compliquée par sa propre marque Bio, … qui ne l'était pas mais avait été créée avant que la réglementation ne soit instaurée. Depuis, cette dernière avait été rebaptisée Activia. Cette création débouchera sur Les 2 vaches quatre mois plus tard.

Stalaven s'ouvre au groupe coopératif Euralis. Le groupe coopératif Euralis entre dans le capital de Stalaven à hauteur de 20%. Il a, depuis, progressivement augmenté sa participation, au point d'en détenir 98% début 2012. Mais il a du également décider de restructurer l'entreprise bretonne spécialisée dans les produits traiteurs. Pour les coopératives qui multiplient les acquisitions depuis quelques années, cette opération constitue une petite ombre dans leur tableau de chasse.

Levée de l'embargo sur le bœuf anglais. Après dix années d'embargo, les bovins et viandes bovines provenant du Royaume-Uni peuvent officiellement faire leur retour en France. L'embargo décrété par le ministre de l'Agriculture, Philippe Vasseur, avait déclenché la première crise de la vache folle. Certains chuchotaient qu'il avait peut-être été trop vite en besogne, soucieux de clouer le bec à des voisins britanniques devenus par trop exigeants sur les questions du bien-être animal. Sept ans après la levée de l'embargo sur le bœuf britannique, la confiance dans la chaîne alimentaire n'a pas été complément rétablie dans l'opinion publique. L'actualité récente a montré que la sensibilité de la sphère médiatique restait entière.

Leclerc : qui est le moins cher ? Toujours fidèle à son "combat" pour les prix bas, Leclerc ouvre sur Internet www.quiestlemoinscher.com, ranimant une guerre des prix qui, depuis, n'a fait que monter en puissance. Dans un premier temps, la justice avait interdit le site pour "publicité comparative abusive"… à la demande de Carrefour. Mais Leclerc le relance dès le mois de novembre : "98% des magasins E.Leclerc sont moins chers que leurs voisins !" peut-on y lire aujourd'hui.

Gérard Mulliez passe la main. Le fondateur d'Auchan en 1961 prend sa retraite et cède les rênes à Vianney Mulliez. A l'origine d’un groupe familial au fonctionnement pour le moins particulier, il s'est distingué par un management charismatique allié à un goût prononcé du secret. Auchan reste toujours un cas un peu à part dans l'univers de la distribution, entre les groupements d'indépendants et les groupes cotés.
________________________

(traces) - avril 2013

… c’était il y a trois ans (avril 2010) !

R&R Ice Cream s'invite en France. Le glacier britannique prend le contrôle du groupe Rolland et de ses deux usines françaises de glace. Ce dernier s'était notamment fait une spécialité du développement de produits sous licence (Carambar, Andros…), tout comme son repreneur. L'année suivante, R&R reprend aussi les glaces du groupe coopératif 3A, dont le site Pilpa de Carcassonne qu'il a, depuis, décidé de fermer. Malgré la signature d'un accord avec Kraft (Mondelez désormais) pour développer ses marques sur ce marché, ce dernier outil serait désormais de trop...

Danone retire ses demandes d'allégations. Face aux exigences grandissante de l'EFSA, le groupe retire les dossiers Activia et Actimel dont il aurait voulu faire reconnaître les vertus en matière de transit intestinal, pour le premier, et de défenses immunitaires, pour le second. Parlant d'un "manque de visibilité dans l'application du règlement européen sur les allégations santé", Danone ne croyait pas si bien dire au regard de la suite des événements au niveau communautaire. Mais, selon certains observateurs, il reste handicapé par cette évolution – au moins sur le Vieux Continent –, alors que "la santé par l'alimentation" demeure son cœur stratégique.

Accord sur le prix du lait. Les acteurs de l'interprofession laitière signent, encore ou déjà, un accord sur le prix du lait. Et ils décident d'établir trois indices pour mieux le fixer à l'avenir. Les industriels valident alors le principe d'une hausse des cours. Mais la question du prix du lait est loin d'avoir été réglée, pour ressurgir… maintenant !

Ruée vers les smoothies. Coca-Cola porte de 18 à 58% sa pariticipation dans Innocent, pionnier britannique des smoothies. Le même mois, Danone crée avec Chiquita Brands une joint-venture pour développer des boissons à base de fruits, à laquelle sera intégrée Immedia qu'il vient d'acquérir. Une activité dont il devrait se désinvestir, le marché ne tenant pas ses promesses, pour lui en tout cas.

Commerce équitable. Le concept fait moins parler de lui aujourd’hui, même s'il peut, pour partie au moins, être réintégré dans la très en vogue RSE. Mais alors, on parle de clarifier le marché, avec une commission ad hoc, car les labels commencent à se multiplier de façon anarchique. La crise économique aura sans doute fait une partie du travail, en décourageant certaines de ces initiatives.
________________________

(traces) - mars 2013

… c’était il y a six ans (mars 2007) !

Premiers tâtonnements dans l'alimentation cosmétique. Deux mois après le lancement d'Essensis par Danone, des rumeurs font état d'une collaboration entre L'Oréal et Coca-Cola pour mettre au point une boisson au thé promettant des bénéfices cosmétiques sous la marque Lumaé. Il n'en sera rien et l'échec d'Essensis, deux ans plus tard, semblera mettre un terme aux ambitions des promoteurs de la "beauté orale". Coca-Cola n'a pourtant pas lâché l'affaire puisqu'on a appris, en octobre dernier, qu'il avait noué un partenariat avec Sanofi pour développer une boisson "cosmétique" sous la marque Oenobiol.

Le steak haché doit être 100% viande. A la demande du Sniv (Syndicat National de l'Industrie des Viandes), la DGCCRF confirme que la mention "steak haché" désigne une viande ne contenant aucun autre ingrédient (condiments, additifs, protéines végétales, viande cuite, chapelure…). Contrairement à certaines pratiques encore en vigueur à l'époque… Il s'agit alors déjà de restaurer la confiance. On a vu récemment que le travail d'information sur la composition des produits n'était pas achevé.

Fralib, déjà ! Des mouvements sociaux agitent l'usine Fralib de Gémenos où quarante suppressions de postes sont envisagées. Alors, Unilever signe un accord avec les syndicats s'engageant à y investir et développer la production de thé en sachets, le tout en ne procédant à aucun "licenciement sec". Depuis, n'étant pas parvenu à redresser l'activité du site, le groupe a vu ses trois plans pour la sauvegarde de l'emploi invalidés par la justice. Et certains salariés n'acceptent toujours pas la fermeture qu'il a décidée.

Bernard Arnault entre chez Carrefour. Le patron de LVMH fait une première incursion dans le capital du grand distributeur dont il prend 9,1% avec Colony Capital. Depuis, les deux partenaires ont encore amplifié leur participation sans pour autant parvenir à lui insuffler une stratégie claire, et efficace. Si les ventes ont gagné près de 10 milliards d'euros depuis (à 86,5 milliards en 2012), le résultat net du groupe est passé de 2,27 milliards, en 2006, à 371 millions en 2011. Georges Plassat, son nouveau PDG, est sans doute la dernière chance du tandem.

Casino prend en main de Franprix. Déjà actionnaire à hauteur de 95%, Casino prend la direction effective de Franprix. Avec Monoprix, Franprix et Leader Price, le groupe doit maintenant se défendre d'occuper une position dominante sur la capitale auprès de l'Autorité de la Concurrence : 60% de parts de marché selon cette dernière, moins de 40% selon le groupe de Jean-Charles Naouri.
________________________

(traces) - février 2013

… c’était il y a treize ans (février 2000) !

Crise de listériose. Déjà mis en cause quelques années auparavant pour son mousson de canard, Paul Prédault doit rappeler des produits de sa filiale Coudray (rillettes et langues de porc). Il y a eu d'autres alertes listeria depuis, mais celle-ci est la dernière à avoir connu une telle ampleur. Elle engendrera la réduction de la DLC de ces produits. Car cette fois, le maillon de la chaîne défaillant semble surtout avoir été le consommateur – on ne pourra donc jamais en être certain –, les tests s'étant avérés peu concluants tant chez l'industriel que chez les distributeurs.

Fleury Michon vante sa sécurité alimentaire. Signe de l'époque, Fleury Michon consacre une partie importante à ses mesures en faveur de la sécurité alimentaire dans un document financier destiné aux investisseurs et à la presse boursière. Un type de publication qui ne s'arrête généralement pas à des considérations industrielles aussi concrètes.

Rémy Cointreau sort du rouge. A l'époque, tandis que Pernod Ricard est en pleine ascension, le groupe bordelais de spiritueux est à la peine. Mais alors, il enregistre enfin un semestre avec un résultat positif. Depuis son redressement s'est opéré dans la discrétion, mais il est revenu dans la course. Comme quoi les "mauvais élèves" d'un instant ne le sont pas toujours éternellement (et réciproquement).

La France accusée de négligence. On n'en a alors pas terminé avec l'ESB. La Commission et un rapport d'experts européens s'inquiètent que les pouvoirs publics français ne prendraient pas assez de précautions. A cette époque, des farines animales seraient encore utilisées dans l'alimentation des bovins… Le gouvernement lance un programme de dépistage à grande échelle : en question, les animaux dits "naif", c'est-à-dire nés après l'interdiction des farines…

Ebly commercialisée par Mars. Fierté de la coopérative agricole Agralys qui avait réussi à réinventer le "blé-légume", Ebly entre dans le portefeuille de marques distribuées par le groupe américain, aux côtés d'Uncle Ben's notamment.
________________________

(traces) - janvier 2013

… c’était il y a dix ans (janvier 2003) !

Bonduelle prend le contrôle de Caugant. En s’offrant l’entreprise de Michel Caugant qui réalisait alors 54 millions d’euros de chiffre d’affaires, le groupe légumier nordique franchit une étape essentielle dans sa stratégie de pure player. Déjà présent dans la quatrième gamme, Bonduelle entre alors en fanfare dans l’univers des salades traiteur en plein essor et se lance à la poursuite de Martinet. Le frais représente aujourd’hui 22% de son activité, soit presque autant que les surgelés.

Findus prépare son retour sur l’ensemble des surgelés. En cédant la marque, Nestlé l’avait contrainte à n’œuvrer que sur les seuls légumes, poissons et garnitures surgelés. Mais en 2004, l’ensemble du rayon lui sera de nouveau ouvert. Depuis, Nestlé s’est retiré presqu’intégralement des surgelés en France (sauf en pizzas) et Findus y a regagné plus de 8% de part de marché, à mi-chemin de ses 15% d’antan.

Fleury Michon se lance dans la soupe. La marque vendéenne a sans doute eu raison trop tôt. Elle lance alors une gamme de soupes en bol micro-ondable, conjugant consommation nomade et naturalité végétale. La réussite n’est pas au rendez-vous. Sodebo vient récemment de retenter l’expérience avec My soup : pour l’instant, l’autre marque vendéenne maintient son offre en la renouvelant.

Les OGM font déjà polémique. Alors que l’opinion publique voit surtout en eux un risque potentiel, les OGM reçoivent le soutien effronté de l'Académie de médecine, qui estime leur menace contrôlable et leurs avantages supérieurs au risque. Les lignes n’ont pas vraiment bougé depuis : la récente étude du Professeur Séralini, très négative sur les OGM, n’a pas reçu l’appui des autorités scientifiques…

Les négociations, nerveuses comme d’habitude. Pour une fois, tout le monde semblait s’être mis d’accord. Après des heures de négociations, l’Ania, les coopératives, la FEEF, la FCD, Leclerc, Intermarché… Ils avaient tous signé, sous l’œil bienveillant du gouvernement, pour geler les fameuses marges arrière issues de la loi Galland. Las, sur le terrain, les choses se passeront beaucoup plus difficilement. Et depuis, année après année – avec la LME au milieu –, les négociations s’avèrent de plus en plus tendues… peut-être parce qu’elles ne peuvent pas rompre.
________________________

Benoît JULLIEN

ICAAL - information et communication agroalimentaires
23, rue du Faubourg Poissonnière - 75009 Paris - Tél.: 01 42 81 06 12 - www.icaal.frcontact@icaal.fr

 

LE MAIL AGROALIMENTAIRE

Nouveau

 

INTRODUCTION AU MARCHÉ

AGROALIMENTAIRE CHINOIS

 

En savoir plus